De retour à Puteaux, après 3 jours passés à l'Université d'été du Medef, à Jouy-en-Josas. J'ai joué le jeu : en homme de gauche, je suis allé à la rencontre des "patrons" dans le cadre très bucolique du campus HEC sur le plateau de Saclay.
Je vous rassure, je n'ai pas changé : je n'ai pas pris ma carte à l'UMP ! "Strauss-Kahnien et Sarkozyste, c'est la même chose aujourd'hui" m'a lancé moqueuse Laurence Parisot. Heuuu, non pas du tout :o)
Assez des caricatures : j'ai rencontré des entrepreneurs soucieux de justice sociale. Le patron de PME n'a pas grand chose à voir avec celui du CAC40 soumis aux marchés financiers et aux actionnaires. Et ce sont les PME qui créent des emplois en France.
Il y a pourtant un réel fossé entre le chef d'entreprise et les salariés. "Mes collaborateurs ont autant de pouvoir que moi", m'explique -avec sincérité- un patron d'une boîte de 28 personnes. J'ai du mal à lui faire comprendre que la caissière de supermarché ne vit pas la même réalité.
Soulignons aussi que l'entreprise est certainement le dernier lieu où la liberté d'expression ne s'applique pas : infantilisé, placé en état de soumission ("tais-toi et bosse"), le salarié n'est jugé responsable que pour répondre des "fautes" qu'il aura commises.
D'un côté, le "patron" demande plus de marge de manoeuvre -de liberté-, de l'autre le salarié souhaite plus de protection -l'égalité-. Or, liberté et égalité sont 2 notions qui s'opposent, s'il n'y avait la fraternité pour faire le lien.
Si on veut passer en France de la culture de l'affrontement permanent à celle de la négociation, il faut donc multiplier les occasions de créer de la fraternité : réformer la représentation du personnel au sein de l'entreprise, élargir la base syndicale, revaloriser le travail et les salaires... Il faut aussi multiplier les occasions d'échanger : en se connaissant mieux, on se comprend mieux. C'est pourquoi je reviens satisfait de ce moment passé avec quelques "patrons" français.
Merci à Frédéric Chevalier et à Vincent Ducrey pour leur accueil.
(photo : medef)


un truc drôle quand tu parles de la "marge de manoeuvre" du patron et de la volonté de protection des salariés, liberté VS égalité, tu oublies de souligner, bêtement, que la "liberté" du patron consiste à ponctionner els libertés de ses salariés au profit d'une entité ""supérieure"". Ce n'est donc pas liberté VS égalité, mais liberté VS liberté. Alors, la liberté de quelques privilégiés et l'aliénation d'une horde de trous du cul, ou le contraire?
Quant à la teneur distanciée du blog, je pouffe. Vues les vidéos, la plupart des articles et l'édmiration devant des discussions qui font froid dans le dos, il y a un soutien massif à nos chers patrons qui souffrent...
Rédigé par: Lomig | 01 septembre 2007 à 15:57
Je suis d'accord avec Lomid.
Personellement je ne suis pas de gauche, mais de "haut" (comprenne qui veut). Je n'avait pas de raison particulières de fustiger qui que ce soit au nom d'une appartenance à un quelconque idéologie.
Mais j'ai trouvé que l'atmosphère bon enfant de la salle des bloggeurs reflètait une certaine mise en sourdine de la critique.
Consciente ou inconsciente, il y a eu visiblement une autocensure.
Peut être que certains bloggeurs ont pensé ainsi pouvoir vendre quelque chose au MEDEF par la suite ? Pourquoi pas.
Personnellement je me suis permis, dans cet espace, une attaque directe envers la stratégie de développement présentée par l'un des intervenants, responsable d'un grand groupe média.
Je me suis également posé la question de l'autocensure ou pas, vu que l'on était ici des invités et que ce blog commun n'est pas le mien et que je suis malgré ma dimension polémique quelqu'un de bien élevé qui respecte ses hôtes.
Puis je l'ai fait, j'ai écrit ma note au nom même de mon attachement pour l'entreprise et l'économie française.
Non pas à la grande entreprise mondialisée, non pas aux grandes dynasties familiales, non pas aux pdg pervers (et il est cliniquement avéré que les personnalités perverses réussissent le mieux à se hisser au sommet des grands groupes), mais aux petites et moyennes entreprises, aux créateurs, à tous ceux qui ont le courage d'entreprendre, même en solo.
Je veux une vrai politique de formation, de professionnalisation, d'aide à l'installation et au développement, d'aide à l'équipement d'un environnement numérique de travail, pour les petite entreprises de moins de 20 personnes. Une vrai politique d'incitation fiscale à l'embauche, à la R&D , à l'internationalisation, pour les petites PME.
Et je pense que le MEDEF "2.0" est plus attentif aux PME que le MEDEF de Sellière. Ces prochains mois nous le diront.
Rédigé par: Adrien Ferro | 01 septembre 2007 à 18:28
N'hésitez pas à me tenir au courant. Moi-même à la tête d'une PME à partir de lundi matin, je souhaite m'informer sur la réalité patronale aujourd'hui. Car celle d'hier je me souviens un peu quand mon père en avait une, de PME, à Bondy, mais ce sont des souvenirs lointains.
Rédigé par: Pierre Henri | 01 septembre 2007 à 20:19
N'hésitez pas à me tenir au courant. Moi-même à la tête d'une PME à partir de lundi matin, je souhaite m'informer sur la réalité patronale aujourd'hui. Car celle d'hier je me souviens un peu quand mon père en avait une, de PME, à Bondy, mais ce sont des souvenirs lointains.
Rédigé par: Pierre Henri | 01 septembre 2007 à 20:21